Ministère de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du développement

Sceau de Republique Gabonaise

16ème Session Annuelle de L'IFREFI à Libreville sur le Thème : La place Financière de l'Afrique Centrale.

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Libreville a abrité du 3 au 5 mai 2017,  la 16ème session de l’Institut Francophone de la Régulation Financière (IFREFI) consacrée au dialogue avec la place financière de l’Afrique Centrale.

Pour Monsieur Régis IMMONGAULT, Ministre de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du Développement, hôte de l’évènement, cette 16e session annuelle de l’IFREFI vient fort à propos au moment où la sous-région, confrontée à une crise économique qui perdure depuis trois (3) ans, a plus que jamais besoin d’un marché financier qui puisse l’aider à redémarrer les économies des pays de la CEMAC. Ainsi que l’ont rappelé les chefs d’Etat lors du sommet extraordinaire de Yaoundé en décembre 2016, les pouvoirs publics doivent intégrer dans leur politique d’investissement le recours au marché financier dont ils reconnaissent par ailleurs un potentiel largement inexploité comme en attestent les résultats de l’étude du cabinet Roland Berger.

Dans son allocution introductive, le Président de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF),M. Rafael TUNG NSUE, Président en exercice de l’IFREFI, après avoir rappelé que l’évolution actuelle du marché financier de la CEMAC est prometteuse, a souligné l’importance du dialogue de l’IFREFI avec la place financière de la CEMAC qu’est Libreville en ce qu’il contribue à la promotion du financement par le marché des entreprises et des Etats.

Intervenant à son tour, Madame Françoise BUISSON, Directrice des affaires Européennes et Internationales de l’Autorité des Marchés Financiers de France (AMF), par ailleurs secrétaire de l’IFREFI, a procédé à la présentation de cette institution en déclinant ses objectifs, avant de situer les enjeux de coopération et d’échange d’informations entre les régulateurs des marchés financiers francophones.

 

Dans sa présentation de l’évolution du système monétaire et financier de la CEMAC et des défis auxquels il fait face, Monsieur ABBAS MAHAMAT TOLLI, Gouverneur de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale), a souligné la forte dégradation des fondamentaux de l’économie de la sous-région en liaison avec la chute des cours des matières premières. Ainsi, il a fait état du ralentissement du taux de croissance du PIB passant de 1,7% à 0,2% entre 2015 et 2016, du creusement du déficit budgétaire, base engagements, hors dons des Etats membres qui se situent à 5,6% en 2016 contre 3,3% un an plus tôt. Sur le plan monétaire la masse monétaire a chuté de 7% en deux ans, tandis que le taux de couverture extérieure s’est rétréci à 56,8% contre 77% un an auparavant. Ces signaux négatifs, pense-t-il, doivent orienter les économies à diversifier leurs sources de financement, ce d’autant plus que le système bancaire de la CEMAC fait face à une augmentation des créances en souffrance, et un tassement de la liquidité des établissements de crédit, en liaison avec les créances immobilisées des entreprises sur les Etats. En conséquence la banque centrale révèle que l’envolée de l’encours moyen des avances aux établissements de crédit a atteint désormais 646,1 milliards de FCFA au 31 décembre 2016 contre 280,8 milliards de FCFA un an auparavant, soit une hausse de 130,1 %. Par ailleurs, concernant le marché financier et principalement le segment du marché par adjudication, il est à noter une croissance de 69% de fonds levés en 2016 pour 113 opérations totalisant environ 1000 Milliards FCFA, tandis que le segment par syndication des deux (2) places financières de la CEMAC totalise depuis leur démarrage, une vingtaine de titres émis dont quatre titres de capital pour un montant total levé de près 800 Milliards de FCFA.

Tirant les conclusions de cette situation, Monsieur ABBAS TOLLI prône de rehausser le potentiel de croissance économique des pays de la CEMAC par une plus grande diversification de l’activité. Il souligne la nécessité, pour les Etats, de prendre toutes les dispositions qui s’imposent en collaboration avec les partenaires au développement afin d’augmenter les réserves de change de la CEMAC. Enfin, Le Gouverneur de la BEAC considère qu’un marché financier solide, unifié et robuste devrait contribuer à relever le défi de cette croissance inclusive, notamment grâce à ses mécanismes qui favorisent la transparence dans la gestion.  

 

« Le Ministre en appelle à la conjugaison des efforts afin de lever les obstacles au développement de ce marché tout en souhaitant ardemment que les actions préconisées dans l’étude sur le potentiel et la profondeur du marché soient mises en œuvre pour son décollage effectif. Cette session de l’IFREFI revêt ainsi, pour lui, toute son importance. Les enseignements à tirer des débats qui seront menés par les experts qui y prennent part devraient être exploités pour cet objectif. »

Publié le : 07 / 07 / 2017

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